La Chambre belge des traducteurs et interprètes (CBTI) et sa commission LinguaJuris se sont dites consternées mardi face à l’annonce de retards de paiement pour les prestations des traducteurs et interprètes jurés (TIJ) par le SPF Justice.
Dans un e-mail envoyé mardi matin aux TIJ, le service public fédéral a annoncé qu’il était possible qu’ils soient confrontés à « des retards dans le payement » de leurs prestations « liés aux restrictions budgétaires du SPF Justice ».
Face à cette situation, la commission sectorielle des traducteurs et interprètes jurés LinguaJuris s’est dite « très déçue de constater la divergence entre les discours rassurants quant à la capacité du SPF Justice à payer les TIJ et la teneur de l’annonce ».
« La situation dans laquelle sont placés les TIJ, des acteurs essentiels au fonctionnement de la Justice, devient tout simplement intenable et la confiance qu’ils doivent pouvoir placer dans les institutions belges risque d’être durablement ébranlée », ajoute LinguaJuris
La CBTI et sa commission LinguaJuris appellent dès lors le monde politique à « prendre conscience de l’importance de l’enjeu que représente le budget accordé à la Justice et l’octroi de conditions de travail et de rémunération des professionnels de la traduction et de l’interprétation jurée. »
Les deux organisations invitent également les partis politiques belges des deux côtés de la frontière linguistique à prendre des mesures concrètes pour assurer le bon fonctionnement des institutions du pays, et ce particulièrement en matière de justice.
Une action a par ailleurs été menée par une douzaine d’interprètes mardi matin au méga-procès Encro, l’un des plus gros dossiers de trafic de drogue instruit en Belgique. Ces professionnels se sont croisés les bras en début d’audience pour dénoncer ces énièmes retards de paiement.
